C'est un peu plus tard qu'une anecdote typiquement cubaine inspirera à Jorrín sa composition la plus célèbre, "La engañadora". Rue Infanta une muchacha aux formes généreuses fait sensation. Un homme s'agenouille devant elle, un bus s'arrête mais la belle passe son chemin avec un dédain affiché. De dépit, l'homme jette alors : "Et tout ça pour un peu de rembourrage". Arrivé au salon de Prado et Neptuno, où se produit l'América, Jorrín a tôt fait d'écrire :A Prado y Neptuno/Au salon de Prado y Neptuno Iba una chiquita - On voyait une minette Que todos los hombres/Que les hommes La tenían que mirar/Ne pouvaient s'empêcher de regarder Estaba gordita/Elle était replète Muy bien formadita/Avec des formes avantageuses Era graciosita/Elle était mignonne En resumen colosal/Bref, un super canon Pero todo en esta vida/Mais ici bas Se sabe/Tout se sait Sin siquiera averiguar/Sans même qu'on le veuille Se ha sabido que en sus formas/On s'est rendu compte que ses appas Rellenos tan solo hay/N'étaient que du rembourrage Que bobas son las mujeres/Que les femmes sont naïves Que nos tratan de engañar/Quand elle veulent nous tromper ¡ Me dijiste !/Tu l'as dit ! Ya nadie la mira/Personne ne la regarde plus Ya nadie suspira /Personne ne soupire plus Ya sus lmohaditas/Ses petits coussinets Nadie las quiere apreciar/Personne ne veut plus y goûterNous sommes en 1951, d'où notre première date anniversaire. Mais la mère de Jorrín voyait d'un très mauvais oeil cette satire quelque peu misogyne ; elle s'opposa donc à ce qu'on l'enregistrât. Finalement les exhortations de Jorrín et de ses amis viennent à bout de la résistance maternelle. Le 9 mars 1953 ils enregistrent un 45 tours pour la firme Panart avec "La engañadora sur une face et "Silver Star" sur l'autre.
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