Dans les Antilles, certaines plantes produisent des graines nommées cha-cha, qui sont utilisées comme crécelles pour créer ce qu'on appelle le rythme cha-cha. Le cha-cha-chá est une danse cubaine dérivée du mambo, on l'appelle aussi Mambo triple.
Les origines de la danse Cha-Cha-Chá
Au début, en pleine fièvre du mambo, bien des danseurs ne pratiquaient pas le cha-cha-chá parce qu'ils considéraient qu'il allait à l'encontre du rythme naturel de la musique. Ceux qui s'adonnaient aux danses sociales critiquaient l'aspect acrobatique et sautillant des mambos rapides, préférant les mouvements fluides caractérisant généralement les danses latines. En 1951 naissait le premier cha-cha-chá. En 1953, l'orchestre cubain América agrémenta le bien connu danzon d'un nouveau rythme syncopé. Cela sonnait comme un mambo très lent. Les danseurs cubains exécutaient un petit mouvement de triple hip sur la pulsation lente, qui se transforma progressivement en triple step. Cette danse fit ensuite son entrée en Amérique du Nord et acquit une grande popularité au milieu des années 50. En 1959, le cha-cha-chà était devenu le style le plus en vogue dans les studios de danse.

Source photo : prise de vue durant le stage organisé par salsa Eleggua à Grenoble, nos amis de Marseillle, Mambocha nousont proposé un stage de cha-cha-chà et de Cuban New Style. Ici danse en couple de cha-chà.
Cha-Cha-Chá, style musicale :
Le cha-cha-cha est un genre musical inventé en 1954 par le violoniste cubain Enrique Jorrin, de la charanga Orquesta America, dans la première partie du morceau Engañadora (l'autre partie est un rythme de mambo). Le mot «cha-cha-chá», qui désigne également une danse, n'apparaît que dans le morceau Silver Star, et provient du son produit par le frottement des pieds des danseurs sur le sol.
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La base n'étant pas très compliqué, on peut diversifier la danse par des tours, des changements de direction et des figures improvisées. La plupart des danseurs de danse sociale ont beaucoup plus de facilité avec le rythme du cha-cha-chà qu'avec celui du mambo, car il se prête facilement à plusieurs variations. Aujourd'hui, cinquante ans après sa création, le cha-cha-chà demeure la danse latine la plus populaire en Amérique du Nord et en Europe.
La culture du cha cha Chá
En 2001, nos amis cubains, à l'ordinaire si friands de commémorations, passent l'événement sous silence. Pourtant en 1991 un article de Granma international titrait "La engañadora : 40 años de cha-cha-chá" et depuis lors ce style n'était pas tombé en désuétude? Comment donc expliquer cette coupable distraction du petit monde de la farándula*? Tout simplement parce que le cha-cha-chá n'a pas de date de naissance bien définie. Il est en effet le fruit d'une évolution qui s'étale sur quelques années.
Le cha-cha-chá a très vite pris son indépendance vis-à-vis du danzón. Il peut ainsi toucher des formats aussi divers que le jazz-band, le combo ou le conjunto de son (le conjunto Casino reprend "La engañadora" dès 1953 !). Outre le Mexique, il voyage aux Etats-Unis d'Amérique, en Europe et l'on peut dire dans le monde entier. A New York Tito Puente, Machito, Tito Rodríguez, Charlie Palmieri et tout ce que compte la ville d'orchestres latinos exploitent le filon. Au fil des ans, son succès ne se dément pas. Après la concurrence de la pachanga, lancée par la Sublime à la fin des années 50, il se retrouve seul rythme cubain universellement connu et reconnu. Il est une composante de la "salsa".
On le trouve dans le latin jazz, dans la variété française, avec Boris Vian ou Charles Aznavour, dans la musique pop, avec le "Cha cha loco" de Joe Jackson en 1984 par exemple. Au niveau national, génération après génération, le cha-cha-chá séduit les nouveaux musiciens: Van Van, Irakere, NG la Banda, Issac Delgado, Manolito Simonet ou Klimax l'ont inscrit à leur répertoire. Il faut dire que le cha-cha-chá, au-delà de ses qualités intrinsèques, a la faculté de s'associer à la plupart des autres rythmes. Danzón-chá, son-chá, bolero-chá ou canción-chá sont les modalités les plus connues. Puis, avec la vogue des rythmes brésiliens au début des années 60, est née la samba-chá. Dans son album "En route" (Lusafrica) l'Aragón nous offre un rock-chá (Guasabeando el rock and roll) qui fleure bon les années 50 et un rap-chá (Cha Cuba) plus actuel.
De plus c'est un rythme facile à jouer, du moins en apparence. Car, comme le souligne Ninón Mondéjar, le cha-cha-chá doit être rapide, sans quoi il peut se révéler un peu monotone. Un défaut, dont souffrent quelques interprétations modernes. Une autre nouveauté importante survient dès 1954 : le retour des chanteurs solistes au sein des charangas. On peut ainsi entendre Yeyo Estrada et Rudy Calzado avec Enrique Jorrín, Leo Soto avec l'América de Ninón Mondéjar et Pepe Olmos avec l'Aragón. Les danzoneros Félix Reyna avec "Pa' bailar et Antonio Sánchez (Musiquita) avec "Poco pelo" se convertissent au cha-cha-chá. Parallèlement de nouveaux compositeurs se consacrent au nouveau rythme, tels Rosendo Ruiz Jr (une figure du mouvement filín), avec "Los marcianos" et "Rico vacilón, José Fajardo avec ses "Tamalitos de Olga", Jorge Zamora avec "La basura" et "No me molesto" et Rosendo Rosell avec "Calculadora" et "uien sabe, sabe".